Abbaye de St Victor
Marseille

Dimanche 20 Mars 2022
La Divine Comédie
Dante Alighieri
» Vous qui entrez ici, abandonnez tout espoir ! »
La Comédie (en italien Commedia [komˈmɛdja]), ou la Divine Comédie (Divina Commedia [diˈvina komˈmɛdja]), est un poème de Dante Alighieri écrit en tercets enchaînés d’hendécasyllabes en langue vulgaire florentine. Composée, selon la critique, entre 1303 et 1321, la Commedia est l’œuvre de Dante la plus célèbre et l’un des plus importants témoignages de la civilisation médiévale. Connue et étudiée dans le monde entier, elle est tenue pour l’un des chefs-d’œuvre de la littérature.
Elle est également considérée comme le premier grand texte en italien : la langue dans laquelle elle est écrite a eu une influence considérable sur l’idiome moderne de la péninsule. Pour écrire son œuvre, Dante a été très largement inspiré par le sanglant conflit qu’il a lui-même vécu en Italie, opposant les Guelfes (Guelfi) et les Gibelins (Ghibellini) (1125-1300). Guelfes et Gibelins. Du point de vue littéraire, Dante fait référence explicite à l’Énéide et à l’Apocalypse de Paul, les deux textes antiques les plus connus dans le genre des récits de voyage dans les Enfers .
Le poème est divisé en trois parties appelées cantiche (pluriel italien pour cantica) : Inferno (Enfer), Purgatorio (Purgatoire) et Paradiso (Paradis), chacune composée de trente-trois chants (excepté l’Enfer qui contient un chant préliminaire). Le poète narre un voyage à travers les trois règnes supraterrestres qui le conduira jusqu’à la vision de la Trinité. Sa représentation imaginaire et allégorique de l’au-delà chrétien est un sommet de la vision médiévale du monde développée par l’Église catholique romaine.
L’œuvre connut immédiatement un succès extraordinaire et contribua de manière déterminante au processus de consolidation du dialecte toscan comme langue italienne. Le texte, dont on ne possède pas l’autographe, fut copié dès les premières années de sa diffusion, et jusqu’à l’avènement de l’imprimerie, en un grand nombre d’exemplaires manuscrits. Parallèlement, se diffusa la pratique de la glose et du commentaire, donnant vie à une tradition de lectures et d’études dantesques jamais interrompue. L’étendue des témoignages manuscrits de la Commedia a constitué une difficulté majeure dans l’élaboration de l’apparat critique. On dispose aujourd’hui, en italien, d’une édition de référence réalisée par Giorgio Petrocchi. André Pézard est pour le XXè Siècle le spécialiste français de Dante avec la publication en 1965 de l’œuvre complète traduite et commentée. Jacqueline Risset a publié une édition bilingue et commentée en trois volumes (en 1985, 1988 et 1990) de la Divine Comédie plusieurs fois rééditée. Chez Gallimard (poésie poche), La Comédie – Poème sacré en un volume bilingue, due à Jean-Charles Vegliante (2012, 2014 II éd.).
Tout en recouvrant de nombreuses caractéristiques de la littérature et du style médiéval (inspiration religieuse, intention moraliste, langage et style fondés sur la perception visuelle et immédiate des choses), la Commedia, comme l’a noté Erich Auerbach dans Mimésis, est profondément innovante et tend vers une représentation large et dramatique de la réalité.
La Divine Comédie selon René Guénon
D’après Jean-Pierre Laurant, Dante fut un enjeu important dans les débats sur la légitimité politique au XIXè siècle et au début du XXe siècle . Gabriele Rossetti et Eugène Aroux avaient déjà signalé l’existence d’une dimension ésotérique dans l’œuvre du Florentin. Dans L’Ésotérisme de Dante, Guénon rappela que Dante avait lui-même indiqué l’existence de quatre sens de plus en plus profonds dans ses ouvrages, le quatrième, selon Guénon, étant métaphysique et initiatique. Toujours d’après Jean-Pierre Laurant, Guénon reprit beaucoup d’informations, dans ce livre, tirées de l’Histoire des rose-croix de Sédir tout en leur donnant une base doctrinale plus solide. En particulier, il rappela qu’une médaille conservée au musée de Vienne désignait Dante comme Kadosch d’un tiers-Ordre templier. Le terme de Kadosh correspond aussi à un haut grade de la maçonnerie écossaise. Plus précisément, le tiers-Ordre dont Dante était l’un des chefs était la Fede Santa (les « fidèles d’amour »).
Guénon développa l’idée, centrale dans toute son œuvre, que l’ordre du Temple était un ordre monastique et chevaleresque qui fut, aussi, la principale organisation initiatique en Occident au Moyen Âge. Les chevaliers de l’Ordre furent, en effet, à la fois d’un point de vue littéral et symbolique, les gardiens du Temple et assuraient le lien avec l’Orient. Dante prit logiquement Saint Bernard de Clairvaux comme guide pour la fin de son voyage Céleste car Saint Bernard fut le fondateur de l’ordre du Temple. Guénon décrivit de nombreuses significations symboliques dans la Divine comédie qui eurent, d’après lui, une signification initiatique: en particulier, la décomposition en trois parties du voyage de Dante renvoyait aux « trois mondes » qui structurent le cosmos et que l’on retrouve, sous des formes différentes, dans toutes les traditions d’après Guénon. Mais ces trois parties représentaient aussi le chemin initiatique: les enfers, le monde profane et les états inférieurs de l’être; le purgatoire, les premières étapes initiatiques et la récupération de l’« état édénique »; le Ciel « le séjour des parfaits » et l’accession aux états supérieurs de l’être.
D’autre part, Guénon signala de nombreuses similitudes entre la Divine comédie et le Voyage nocturne du Prophète Mahomet dans le Kitâb el-isrâ (Livre du voyage nocturne) et les Futûhât el-Mekkiyah (Révélations de La Mecque) d’Ibn Arabi, certains « détails extrêmement précis » étant identiques. Il expliqua que ces similitudes ne venaient pas d’emprunts, au sens profane du terme, mais étaient liées aux relations spirituelles entre les ordres initiatiques soufis et les ordres de chevalerie qui auraient eu lieu en Orient. Certaines de ces similitudes que l’on retrouve, par ailleurs, dans des textes mazdéens, bouddhistes et hindous expriment aussi, d’après Guénon, le fait qu’elles décrivent les mêmes vérités. À propos de cette comparaison avec les textes musulmans, certains allaient reprocher à Guénon de ne pas mentionner que Dante avait placé Mahomet et Ali en enfer, avec plusieurs papes il est vrai. Enfin, il prétendit que la destruction de l’ordre du Temple, dont il attribua toute la responsabilité à Philippe le Bel dans Autorité spirituelle et pouvoir temporel, marqua la fin de l’ésotérisme chrétien à l’intérieur de l’Église catholique et le début de l’époque moderne. Au même moment, se constituèrent des organisations initiatiques qui participèrent de la même transmission initiatique mais de façon plus souterraine: les rose-croix, La Fede Santa,la Massenie du Saint-Graal, etc. Ces organisations initiatiques allaient disparaître progressivement. Cette disparition est symbolisée par l’affirmation que les derniers vrais rose-croix ont quitté l’Europe pour se retirer en Asie après les traités de Westphalie. Ces traités mirent fin, selon Guénon, à ce qui subsistait encore de la chrétienté médiévale. La franc-maçonnerie allait hériter des derniers restes de ces connaissances initiatiques.
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- Nel mezzo del cammin di nostra vita
- mi ritrovai per una selva oscura,
- ché la diritta via era smarrita.
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- Ahi quanto a dir qual era è cosa dura
- esta selva selvaggia e aspra e forte
- che nel pensier rinova la paura!
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- Tant’ è amara, che poco è piú morte ;
- ma per trattar del ben ch’io’ vi trovai,
- dirò dell’altre cose ch’ i’ v’ ho scorte.
