Le théâtre Michel (en russe, Михайловский Театр), anciennement « théâtre impérial Michel » ou « théâtre français de Saint-Pétersbourg », fut nommé en l’honneur du grand-duc Michel, fils puîné de Paul Ier, dont le palais se trouve à proximité et abrite aujourd’hui le Musée russe de Saint-Pétersbourg.
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Le théâtre ouvrit le sur décret de Nicolas Ier pour accueillir des troupes françaises – et parfois allemandes – qui recevaient des contrats de deux à cinq ans en moyenne. Les pièces françaises du répertoire classique, mais aussi moderne, y seront jouées jusqu’en 1918, pour un public alors francophone qui se composait de la famille impériale et de l’aristocratie, mais aussi de l’intelligentsia, des étudiants et bien sûr de la colonie française pour laquelle l’amphithéâtre était réservé. Léon Tolstoï y vint dans sa jeunesse, ainsi que Tchaïkovski et son frère Modeste, amis personnels de Lucien Guitry.
À partir des années 1870, le théâtre accueillit en permanence une troupe française, recevant alors son nom de « théâtre français ». Le père de Sacha Guitry, dont le parrain était Alexandre III, Lucien Guitry en fut une des grandes figures.
Le théâtre avait la réputation de jouer pour le public de la haute société des pièces légères dans le genre vaudeville, mais petit à petit le répertoire comprit les pièces les plus célèbres des auteurs de l’époque, comme Victor Hugo, Alfred de Musset, Eugène Scribe, Alexandre Dumas fils, Victorien Sardou, Edmond Rostand, et bien sûr Molière ou Beaumarchais. La pièce de Musset Un caprice y fut jouée pour la première fois en 1843, quatre ans avant d’être créée en France1. Mlle Allan-Despréaux, qui l’avait découverte dans une traduction russe, interprétait le rôle en français de Mme de Léry et le reprit ensuite à son retour à Paris, faisant connaître la pièce au public du Théâtre-Français.
Les plus grands acteurs de l’époque y vinrent : Prosper Bressant y joua de 1838 à 1846, mais aussi Francisque Berton, Marie Delaporte de 1868 à 18742 et Sarah Bernhardt en 1881, 1892 et 1908 ; elle fit parallèlement des tournées triomphales dans d’autres villes de Russie.
Dans les emplois de « grandes coquettes », on trouvait entre autres Mlle Allan-Despréaux et Mlle Arnould-Plessy, amie intime de George Sand et sociétaire de la Comédie-Française. Le tsar Nicolas Ier fut un admirateur de son talent et dans la loge impériale, il avait fait mettre une statue représentant l’actrice. Une des plus célèbres tragédiennes du xixe siècle, Rachel, fut invitée par Nicolas Ier, qui l’avait vue en tournée à Potsdam, à venir au théâtre Michel en 1853. Elle fit sensation à Saint-Pétersbourg et prolongea son séjour en Russie en se produisant au printemps 1854 à Moscou.
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